Pré-étude autour des mégalithes du Golfe du Morbihan (zone UNESCO)
Article mis en ligne le 6 septembre 2020

par yann

Divers documents autour d’un projet avorté sur les mégalithes lié au secteur UNESCO du golfe du Morbihan.

Préambule

La candidature UNESCO des mégalithes de Carnac et des rives du Morbihan est un projet particulièrement riche. Basé sur un patrimoine néolithique monumental très dense, déjà pris en compte par le biais notamment de protections du Ministère de la Culture (zones de présomption de prescription archéologique, monuments et sites inscrits ou classés), la candidature prend pour axe les vestiges de paléo-paysages créés par les premiers agriculteurs, les échanges lointains que traduisent la présence de mobilier prestigieux ainsi qu’un art pariétal remarquable.

Au delà de l’originalité de la prise en compte de constructions paysagères multi-millénaires, ce patrimoine permet d’aborder des thématiques fortes liées à une période charnière de notre histoire, emblématique d’un changement majeur dans la relation entre l’Homme est son environnement. Le développement d’une société sédentaire, l’exploitation du milieu qui l’accompagne et l’économie qui en découle prennent ainsi leurs racines au Néolithique. Ces sujets ont un écho important dans notre XXIᵉ siècle de même que l’impact des changements climatiques entraînant une remontée du niveau marin, naturelle au Néolithique et d’origine anthropique actuellement. C’est donc la matrice de notre société qui est l’objet de cette candidature, portée par des monuments exceptionnels sur un territoire littoral de grande qualité et ferment de réflexions utile pour notre avenir à tous.

Ce projet prend place sur un territoire dynamique à forte portée touristique (ref insee) comportant des écosystèmes sensibles, aussi la prise en compte de ce patrimoine exceptionnel doit se faire en trouvant l’articulation la plus juste entre d’un côté sa mise en valeur et sa préservation et de l’autre les aménagements actuel et futurs. C’est la prise en compte de l’ensemble de ces facteurs que nous vous proposons, seule manière d’assurer en bonne intelligence et sur la durée l’intégration de ce patrimoine passé dans notre paysage actuel.

Figures

Estimation de l’évolution de la population mondiale de -10000 ans à l’an 2000

Estimation de l’évolution de la population mondiale de -10000 ans à l’an 2000 : ce graphe intègre des marges d’erreurs variables mais illustre l’aspect charnière de la période néolithique pour nos sociétés. [Modifié d’après Klein Goldewijk, K., Beusen, A., Doelman, J., et Stehfest, E., (2017) - Anthropogenic land use estimates for the Holocene – HYDE 3.2, Earth Syst. Sci. Data, 9, pp. 927–953]


Illustration d’un des impacts importants de l’homme sur l’environnement au néolithique ; les défrichements. Un des axes de la synthèse paléoenvironnementale visera a regrouper l’ensemble des informations relatives à l’ouverture ou la fermeture du milieu pendant le Néolithique ; notamment les données archéobotaniques et archéologiques. [Ref. A. Houot et J. Charrance, in Gallay, A. (2008) Des Alpes au Léman : images de la préhistoire. Infolio, Gollion.]

Palynologie VISSET (1996)

Exemple de données archéobotaniques à prendre en compte dans la synthèse, ici un diagramme pollinique de M. Lionel Visset. Le cas échéant les datations seront re-calibrées selon les références actuelles et ré-interprétées selon les publications les plus récentes. [Visset L., L’Helgouach J., Bernard J. (1996) La tourbière submergée de la pointe de Kerpenhir à Locmariaquer(Morbihan). Étude environnementale et mise en évidence de déforestations et de pratiques agricoles néolithiques. In : Revue archéologique de l’ouest, tome 13, pp. 79-87 / Marchand Grégor (2000), La néolithisation de l’ouest de la France : aires culturelles et transferts techniques dans l’industrie lithique. In : Bulletin de la Société préhistorique française, tome 97, n°3, 2000. pp. 377-403]

Variation du niveau marin (d’après Stephan 2014)

Exemple de données relative au niveau marin qui seront intégrées dans la synthèse paléoenvironnementales (ici pour la zone Sud-Bretagne) afin notamment de produire des modèles numériques de terrains pour la période néolithique. Ces derniers devront inclure également une prise en compte de la sédimentation postérieure, notamment Subatlantique. Modifié d’après Stéphan P. et Goslin J. (2014), Évolution du niveau marin relatif à l’Holocène le long des côtes françaises de l’Atlantique et de la Manche : réactualisation des données par la méthode des « sea-level index points », Quaternaire, vol. 25/4 

Vue 3D, bassins de visibilité, Zone 3

Exemple de calcul du potentiel de visibilité potentiel maximal, réalisé ici à titre d’exemple avec pour base la topographie actuelle, des paramètres standards et un extrait de la carte archéologique disponible sur GéoBretagne (extrait de la base patriarche 2015). Les calculs qui seront menés auront d’autres sources (LIDAR, y compris sous marin), d’autres paramètres (ajustés en fonction de la base actualisée des sites), d’autres résultats (intervisibilité, covisibilité et comparaisons aux potentiels des terrains) et prendront en compte les topographies anciennes ainsi que les barrages visuels actuels. [Ref si besoin : Le Jeune Y. et Vigneau T., sous-presse - Les menhirs isolés,des marqueurs dans le paysage néolithique ? Essai d’approche géostatistique multiscalaire, INTERNÉO 2017]