Regard sur les menhirs ; essai d’approche géostatistique
PCR TERNEO
Article mis en ligne le 12 décembre 2019

par yann

[Voir le rapport pour plus de détails]

Extraits du rapport (disponible sur l’instance Ishtar du PCR) :

Objectif

Dans la continuité de l’étude nationale des menhirs en tant que géomarqueurs (Le Jeune et Vigneau, sous-presse) nous avons souhaité poser les bases d’une étude micro-régionale portant sur les mégalithes du Val-d’Oise et en particulier sur les menhirs.
Le but est de considérer l’emplacement de ces vestiges au regard de la topographie afin de déterminer par des méthodes géostatistiques les critères suivants :

• impact potentiel sur le paysage (surface maximale depuis laquelle un menhir pouvait être perçu),
• nombre de menhirs visibles au maximum en tout points du territoire considéré (ici le Val-d’Oise et ses environs immédiats),
• inter-visibilité (menhirs visibles depuis un autre menhir),
• géomorphométrie (position des menhirs en lien avec le relief ; plateau, versant, etc.), et comparaison entre la position des menhirs et le potentiel des terrains.
• optimisation du potentiel de visibilité des menhirs au regard de celui des terrains environnants : à l’échelle d’un terrain donné, un menhir maximise t-il son potentiel de visibilité ?

Ces données semblent intéressante pour mieux appréhender les menhirs, faire avancer les interprétations qu’il est possible d’en faire et estimer le lien éventuel qui pourrait exister entre ces édifices et les autres sites pris en compte dans le cadre du PCR. Le travail réalisé cette année vise à réaliser quelques analyses préliminaires. Elles seront précisées dans les travaux à venir.
Nous rappelons ici que les menhirs ne doivent pas être considérés comme des vestiges néolithiques sans critères objectifs permettant d’établir une datation. Ces édifices peuvent être associés à des périodes variées, d’ordinaire du Néolithique au Moyen-Âge.

Données utilisées : modèle numérique de terrain de l’IGN (75 m
Données utilisées : modèle numérique de terrain de l’IGN (75 m), base de données des sites référencés dans le cadre du PCR et hydrographie actuelle.
Potentiel de visibilité des terrains : exemple sur l’ouest de l’aire d’étude

Conclusion et perspectives

Malgré un effectif statistiquement faible nous avons obtenus un premier lot de résultats permettant d’aborder la position des menhirs du Val d’Oise. Ils apparaissent avec un potentiel de visibilité assez fort et une tendance nette pour les contextes de versant ou d’éperon, ce qui est atypique si on compare aux résultats obtenus à l’échelle nationale. L’analyse de fréquence semble indiquer deux groupes (potentiel fort et faible) ce qui est également atypique mais peut éventuellement s’expliquer par le faible effectif ou par une réalité archéologique (fonction et/ou chronologie différentes ?). L’étude permet de mettre en évidence certains menhirs à la position originale, trop ou trop peu « visibles ».
Ces résultats doivent maintenant être mis en relation avec des données archéologiques notamment en intégrant des datations et une étude du lien avec les sites (nature, fonction, etc.). Le secteur Ouest s’étendant entre Meulan-en-Yvelines et Berthenonville semble à ce titre intéressant pour changer d’échelle et faire avancer le sujet (TERNEO_0852 à 0960).
La suite de cette étude géostatistique devra inclure également les mégalithes à vocation funéraire pour lesquels nous avons quelques résultats au niveau national. Il sera nécessaire également d’exclure les grandes vallées des calculs du fait des modification topographiques principalement postérieurs à l’Âge du Bronze (dépôts de limons alluviaux).
Les données obtenues dans le cadre de ces analyses ont été intégrées dans la base de donnée du PCR. Au delà de cette étude, le potentiel de visibilité maximal calculé pour tout point du département pourra être utile dans d’autres cadres (archéologie préventive ou programmée) et pour d’autres périodes chronologiques (mottes médiévales, sépultures protohistoriques, etc.).